Voyage à Petrovac…

Cela faisait 48h que je commençais à peine à me détendre et à décider de lâcher prise dans ce magnifique pays qu’est le Monténégro quand l’univers m’a rattrapé.

Ce fameux délibéré de justice que j’aurai du recevoir 10 jours plus tôt venait me gâcher mes vacances.

Alors que je réalisais que tout ce à quoi je pensais avoir droit ne m’était pas du tout accordé je pris la fuite.

Je chaussais mes baskets prête à courir à m’en faire éclater les talons et à m’en exploser les poumons et je pris le chemin de la grande plage.

Au bout de 30min, 4km, 3 tunnels, une immense forêt bordant les falaises et un immeuble abandonné me voici arrivée. Là, pas de sable blanc mais un mélange de sable rouge et de galets, une mer adriatique d’un bleu jamais vu jusque là et une sorte de calme et de paix dont j’avais réellement besoin.

J’étais quasiment seule sur la plage et j’avais envie de hurler! Hurler pour expier, hurler pour cracher ma colère, hurler pour engueuler Dieu ou mon ange gardien de m’avoir abandonnée. Et pourtant rien ne pu s’échapper de ma gorge. Je restais muette…

Toute cette histoire refit surface dans ma tête. Toutes les crasses, les coups bas, les mauvais mots, les trahisons, les horreurs depuis plus de 1 an maintenant. Ma tête n’en pouvait plus. La paix que j’avais commencé à entrevoir prenait encore du recul. Je devais retraverser l’enfer en acceptant cette sentence. Je ne sais pas pourquoi on parle de décision de justice là où il n’y en a aucune justement.

Le décor sous mes yeux était de toute beauté et je me sentais comme le déchet qu’on aurait oublié sur la plage en partant. Comment dépasser cette colère? Comment lâcher prise?

Je commençais à me dire que se battre ne servait définitivement à rien et que même lorsque on est sensé avoir le droit pour soi seuls les fourbes et les tordus l’emportent.

Si seulement je pouvais devenir cet être vil et hypocrite que Sebastien a servi au tribunal et qui lui a valu la victoire. J’aurai voulu être cette fille là.

Seule face à la mer qui me berce de ses rouleaux, l’envie de m’y glisser et de m’y perdre me prend. J’oublie juste une minute tout ce qui me retient et je me vois rejoindre les profondeurs bleutées du monde du silence. Plus de bruit, plus de cris, plus de pleurs, plus de rage, plus de colère, rien que de l’eau…

Puis la minute passe et je suis toujours assise sur la plage comme paralysée. J’attends encore quelques minutes un miracle qui n’aura jamais lieu et je me décide à rentrer.

Combien de temps encore vais-je réussir à faire semblant?…

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Paradoxe infini…

Refuser ou renoncer? Ces 2 mots semblent synonymes et pourtant ils n’ont pas la même ampleur pour moi désormais. Si choisir c’est renoncer, refuser de choisir c’est quoi? Tout accepter?

Tout être humain a conscience ou non de ses limites selon moi et parfois il arrive qu’il les adapte en fonction des situations qu’il rencontre. Mais quand on en voit pas le bord de ses propres limites, comment réagir? Doit-on refuser de les tester ou renoncer à les moduler?

Est-on obligé de toujours s’adapter?

Ma situation amoureuse est un paradoxe dont les limites sont repoussées de façon exponentielle! Désormais, j’accepte ce qui me semblait totalement rédhibitoire et je refuse d’admettre l’échec évident. Je refuse d’abandonner alors que je devrais très clairement accepter que c’est la fin.

Pourquoi réagit-on ainsi? C’est totalement contreproductif, douloureux et stupide!

Je pense que bizarrement je préfère choisir la souffrance que représente une relation à 2 complètement chaotique plutôt que l’insupportable douleur de la solitude. Je sais c’est horrible de dire ça comme ça mais je ne pense pas être la seule dans ce cas.

Si l’on devait recenser le nombre de couple qui partage leur quotidien juste par convenance, égoïsme ou pour obéir à un schéma social il n’en resterait plus tellement qui serait ensemble juste par « amour ».

Attention, je ne dis pas que ces couples là ne partagent pas de sentiments mais leur choix de supporter l’autre coute que coute est au dessus de leur amour propre et c’est cela que je trouve dommage.

Étant moi même adhérente à ce groupe d’handicapés du sentiment, je peux en parler mais ne comprend pas toujours malheureusement.

J’aime cet homme mais il ne me rend pas totalement heureuse…Pourquoi est-ce que je reste encore avec lui? Comment fais-je pour supporter toutes ses trahisons, ses mensonges, son ordre des priorités parmi lequel je ne figure pas, sa mentalité???Bref autant de déceptions qui devraient altérer mes sentiments jusqu’à les réduire à néant mais soit cela ne fonctionne pas soit cela est beaucoup trop lent que diable.

Au début je pensais que c’était le sexe qui m’empêchait de le quitter. Quand en tant que femme tu trouves enfin ton âme sœur physique avec laquelle tout fonctionne à la perfection à chaque fois, et que les sensations qu’il te procure dépassent tout ce que tu peux imaginer à tel point que tu en oublies le lieu, le temps et l’espace il est très difficile d’y renoncer…Pour autant, je refusais d’être réduite à ce type de relation! Le paradoxe entre vivre une relation hyper épanouissante physiquement et refuser d’y renoncer au détriment d’une relation épanouissante sur tout le reste creusait un peu plus son trou.

Quand je dis que cet homme ne me rend pas heureuse, j’exagère car quand il fait ce qu’il faut c’est l’homme idéal. Cependant, ces moments-là se raréfient dans le temps et c’est bien là le cœur du problème de beaucoup de couple. On prend goût au bonheur et aux petites attentions et quand l’autre croit que c’est gagné et qu’il cesse ses sérénades on remet tout en question.

Plus que demain à vivre…

Gregory se tenait assis à côté de moi quand il me dit ces mots : « plus que demain à vivre alors! ».

J’ai préféré entendre cette phrase comme une exclamation que comme une interrogation car au fond de moi je n’étais pas sûre de ma réponse.

Lorsque cette expression vint à mes oreilles, j’eus comme un déclic, une révélation et dans sa bouche les termes qu’il avait choisi devenaient presque poétiques.

Plus que demain à vivre alors…

A cet instant, je ne perçus pas le sens premier de sa pensée. J’imaginais toutes sortes de scénarios. Je devais recevoir le délibéré de ma première audience dans ma procédure de divorce. J’allais connaître le mode de garde des enfants, le montant des pensions, la jouissance du domicile, etc. J’avais décidé qu’à partir de cette date tout allait changer et qu’un virage à 90° serait pris donc j’avais des idées assez arrêtées! Je n’avais pas mesuré l’ampleur de la chose dans ses yeux à lui.

Il avait sans doute dans l’idée que tout allait s’arrêter pour de bon entre nous malgré tout l’amour tordu et maladroit qui nous unissait. Nous nous aimions c’était une certitude mais depuis quelques mois nous nous aimions mal. Chaque fois que l’un avait une bonne intention pour l’autre elle était mal interprétée et mal reçue. Bref notre amour n’allait plus droit et il s’abîmait de jour en jour.

Lorsqu’il osa dire à haute voix qu’il ne nous restait plus que 24h pour le vivre à fond, j’ai réalisé la peine qu’il y avait dans le timbre de sa voix et l’espoir qu’il gardait encore au bord des lèvres. Alors même que j’étais déterminée, je n’avais plus hâte d’être demain…

Avec toutes les craintes et les questions qui restaient encore en suspend, je ne pouvais m’empêcher de croire que cette fameuse journée se passerait mal obligatoirement.

Je savais que tôt ou tard elle serait gâchée ou entachée et cela me révoltait à l’avance.

Pourtant dieu sait que j’aurai rêvé d’une journée douce et légère et dieu sait aussi que Gregory a le pouvoir de me faire vivre ainsi mais il a le pouvoir inverse également. Il sait comment tout ruiner entre nous!

Quand la peur prend le dessus, quand on se sent comme un animal traqué et acculé on a tendance à faire le mauvais choix et à utiliser nos mauvais réflexes. Plus que 8h à cette journée et le côté obscur de nos pensées s’était déjà répandu.

La bonne question que je devais me poser désormais était: ai-je vraiment envie de sauver notre histoire ou suis-je arrivée au bout?

Lasse de nos échanges tendus et de ses non-dits, ma réponse tendait vers la facilité de l’adieu.

Était-ce vraiment si facile??

Avis de tempête…

Quand on parle du calme avant la tempête on se fait une idée assez réduite de tout ceci finalement.

Le calme, c’est lorsqu’il n’y a plus aucun bruit, plus aucun mouvement, plus aucune réaction.

La tempête ce sont les éléments qui se déchaînent, c’est l’apocalypse qui se prépare, c’est la destruction massive de tout avant le renouveau justement. La situation que je vivais ne pouvait donc pas être qualifiée de calme étant donnée l’éruption volcanique qui se préparait en moi!

Rien n’était calme en moi, ni mon cerveau qui tournait à 200 idées par seconde, ni mon ventre qui se tordait dans tous les sens possibles et imaginables, ni mon cœur qui battait bien au delà de son rythme de croisière. Pour autant, je visualisais bien la tempête qui allait avoir lieu, rasant toute espérance de vie sur son passage et réduisant à néant les espoirs de renaissance.

Tout est une question de dosage dans le paradoxe que représente la vie amoureuse de chacun mais là, je traversais bien pire qu’un désert, je traversais l’enfer!

Les raisons de ma colère…

Agenouillée au milieu de ma salle de bain, les poings sur les murs et le visage ruisselant de larmes je ne savais plus quoi faire. Je percevais seulement le peu d’humanité qui m’habitait me quitter définitivement. Mon cœur reprenait son apparence de pierre et ma tête finissait de bruler.

Je poussais le dernier cri de rage que je voulais expier avant de devenir l’horreur que j’avais décider de chérir.

Plus aucun intérêt la bienveillance ou l’altruisme, fini la réparatrice des couples à la dérive et l’oreille attentive.

Je deviendrais un monstre d’égoïsme puisque le reste du monde ne fonctionnait plus qu’à l’unilatérale. Plus jamais je ne rendrais de service, plus jamais je n’aurais de compassion, plus jamais je ne serais qualifiée de gentille, plus jamais…

Puisque seul le mensonge triomphe j’allais jouer cette partie moi aussi.

Cet homme-là m’aura détruite bien plus que le premier qui me fit souffrir. Il voulait que je le crois et le pire c’est que je l’ai cru. J’avais enfin baissé ma putain de garde pour m’ouvrir aux autres sans me laisser commander par mes pulsions de contrôle. Et tout ça pour quoi?

Pour me faire insulter, briser, manipuler, souiller, juger et bannir! Quelle aventure hein?

Je ne comprendrais jamais comment on peut tenir quelqu’un d’autre que soit même pour seul responsable de ses malheurs.

J’ai arrêté d’attendre que la raison l’emporte et j’ai agi. J’aurai préféré dire que j’ai tout quitté mais en réalité j’ai juste fui. Je n’avais plus la force de me battre, plus le courage de vouloir lui ouvrir les yeux. Au fond je refusais toujours de croire que cette histoire pouvait finir ainsi mais quelque part je n’aurais jamais dû m’attendre à mieux hein?

Comment ai-je pu réellement croire qu’il se battrait pour nous???A quel moment ses sentiments ont été suffisamment forts pour qu’il soit lui-même et pas l’homme de façade qu’il m’a trop souvent servi? Quand allions-nous arrêter de nous voiler la face?

Il a toujours préféré se morfondre et se plaindre plutôt que vivre à fond et mériter son bonheur.

Aujourd’hui il préfère me voir comme le mal incarné afin de me détester car assumer son amour pour moi c’est sûrement un aveu de faiblesse insupportable.

Je ne pouvais plus le sauver, il ne le voulait pas en réalité.

Je lui donnai donc raison de me détester et de voir en moi l’origine du mal.

J’ai pris le parti de disparaître et de faire comme si je n’avais jamais existé.

On ne croit jamais que ça puisse être réellement fini lorsque nos sentiments sont plus forts que notre raison mais il y a quelque chose de plus puissant que la raison..:le dégoût de soi!

Quand quelqu’un vous fait ressentir du dégoût pour vous même là vous savez que c’est fini.

Cette sensation est tellement violente et tellement douloureuse qu’il est quasiment impossible de rester face à celui ou celle qui vous fait vous sentir aussi sale et misérable.

J’aime cet homme mais rien que l’idée ou même l’hypothétique pensée qu’il puisse parler de moi dans certains termes c’est trop.

Je me dégoûte littéralement, je me vomi, je me tuerai si j’avais accès à ce monstre qu’il décrit dans ses messages.

Je réalise qu’on ne se voit jamais vraiment, chaque être humain ne possède absolument aucune objectivité sur lui-même mais je ne pensais pas me tromper à ce point sur moi-même…

Je dois donc vivre avec l’idée que je suis une personne décevante, malveillante, malsaine, perverse, méchante, mauvaise et vilaine…Finalement j’ai réussi à combiner les 3 dernières…

Il me restait juste à tuer le dernier sentiment que je percevais encore comme beaucoup trop positif: l’espoir! Quelle émotion de merde celle-là.

Comment pouvais-je encore espérer? Comment pouvais-je encore avoir de doux rêves à caresser? Comment me défaire de tout cela?

Si le dégoût de moi-même ne me guérissait pas mais me condamnait à la place?

J’allais errer dans les méandres de la mélancolie quelques temps et après?

Toutes ces questions qui me rendaient toujours un peu plus malade car je refusais les réponses.

Mon for intérieur refusait malgré tout d’accepter de devenir celle qu’on jugeait en moi.

Je n’ai jamais voulu ça au contraire mais forcée de constater que je ne pourrais jamais gagner face à la haine et la déception.

J’avais du mal à respirer, comme si reprendre mon souffle était totalement impossible. Mes poumons se bloquaient tellement mon cœur me faisait mal. J’avais l’impression de sombrer..

Comment allais-je renaître après ça?

Mon rêve…

Je ne sais pas s’il est obligatoire d’avoir un rêve, ni même s’il est normal de ne pas en vouloir un mais je ne pense pas faire exception. Mon rêve c’est ce roman où je deviens cet être si unique et passionnant que tout le monde voudrait être moi. Seulement voilà, je ne suis qu’une pauvre femme bientôt divorcée, mère de 3 mouflets, qui a été mal aimée, maltraitée, délaissée, abusée, abandonnée et surtout déshumanisée. Pour autant, il y a cette force invisible mais irrépressible qui me pousse tous les jours à croire qu’un beau matin on me verra enfin!

Je ne dis pas que je veux être vu comme une star internationale avec sa photo dans tous les magasines où sur toutes les chaînes, non, mais je voudrais être vue comme la femme de quelqu’un qui a conscience de la véritable valeur ajoutée que je peux être pour lui parce que c’est moi et pas une autre.

On rêve toutes de l’homme idéal: beau, attentionné, gentil, généreux, viril mais pas trop, sensible mais pas trop et surtout surtout réel! Ça peut paraître fou, stupide voire présomptueux mais c’est cela que toutes les femmes veulent en vérité: un homme vrai.

Attention à ne pas confondre avec un homme trop sûr de lui, pédant, macho ou crâneur!

Prenons par exemple le prix d’un tableau. Un jour, je me souviens avoir flashé devant un magnifique tableau et je le voulais absolument pour chez moi. Or, son prix exorbitant me fit tout de même hésiter car j’estimais ne pas être en mesure de me l’offrir.

C’est alors qu’une connaissance à moi me fit une remarque tout à fait pertinente: « La seule valeur des choses est celle qu’on lui donne! ».

Ce n’est pas parce que ce tableau était cher que je ne pouvais me l’offrir car j’en avais les moyens mais seulement car je ne faisais pas assez confiance en mes finances pour m’autoriser à craquer.

Pour les hommes, je pense que c’est la même théorie. Nous voyons toutes notre homme idéal comme inaccessible car nous imaginons que nos critères rédhibitoires ou non sont surévalués lorsque nous sommes en sa présence. Tout d’un coup, l’homme dont on a toujours rêvé ne nous semble plus aussi beau, plus aussi sensible et plus aussi parfait ou alors c’est tout l’inverse. Cet homme est tellement parfait qu’à ce moment là c’est nous que nous trouvons indigne de lui.

On se demande ce qu’il peut nous trouver ou alors tout simplement à quel moment ça va merder!

C’est exactement ce que j’ai vécu avec Sébastien et Gregory!

Quand Sébastien a jeté son dévolu sur mon profil Meetic je me suis immédiatement dit qu’il avait sûrement fait une erreur. Sa photo de profil en maillot de bain rouge à la David Hasselhoff, prise en contre plongée, laissant en pleine vue ses abdos redessinés par les gouttes d’eau de mer déferlantes sur son torse ne laissait aucune place à mon imagination sur la valeur que j’allais bientôt donner à ce trophée inaccessible. Je ne détaillerai pas le bleu profond de ses yeux totalement envoûtant et la blondeur de ces cheveux finissant de parfaire le fameux tableau dont j’avais toujours rêvé.

En ce qui le concerne, rien que le fait qu’il s’attarde sur moi ne serait-ce que pour boire un verre était déjà une opportunité jamais autant espérée. Je fus du coup d’autant plus sous le charme quand il décida de m’embrasser, de me faire l’amour, de m’épouser et de me faire des enfants!!!!J’étais l’élue bon sang, la seule, l’unique! Le trophée c’était moi en réalité…jusqu’à l’extinction du faux semblant, l’apparition de la tromperie et de la manipulation. En fait, je vivais un rêve et je me suis réveillée.

Ce genre de réveil est assez rude je vous l’avoue mais n’est-il pas plus juste de souffrir d’un mauvais rêve sachant que la vrai vie nous attend que de demeurer endormie sans n’avoir jamais rien vécu de palpitant, d’excitant et finalement de réel.

Nous en revenons toujours au même point en définitive:le réel.

Partons du postulat que le rêve est l’idéal et le réel le juste.

Cela signifierait que si nous voulions atteindre l’idéal, il faudrait vivre perpétuellement dans l’illusion, le mensonge voire l’utopie.

Vivre dans la réalité serait donc synonyme de souffrance, de déception et de rabais permanent de nos exigences. En gros, il faut savoir se contenter de peu plutôt que de rien à force de vouloir trop. Je ne sais pas si c’est bien accessible tout ça? Suis-je la seule à me torturer avec ce genre de débat existentiel?

Mon ami Mike que je considère comme mon jumeau maléfique a un avis bien tranché sur la question. Pour lui rien n’est impossible, rien n’est inaccessible. S’il veut quelque chose il l’obtient ou fait tout pour en tous cas. S’il échoue il part du principe que cela ne devait pas être autrement et passe à un autre objectif. Son opportunisme et sa détermination m’ont toujours fasciné. Malheureusement, en bonne jumelle maléfique, je suis son opposée totale et radicale. Pour moi, tout est impossible et inaccessible. Si je veux quelque chose qui me semble hors de portée je fais en sorte de l’oublier plutôt que de me battre pour l’obtenir. C’est désolant, non?

Pour autant, je ne sais pourquoi la perception du reste du monde sur moi est différente de la mienne. En effet, tout mon entourage me voit comme une guerrière, une battante, une force née voir même une bâtisseuse. Je suis sûre que les notions de rêve et de réel commencent à vous parler.

En fait, dans la vie tout est définitivement une question de point de vue. Que l’on se positionne du nôtre ou de celui des autres au final la réalité est la vie qui se joue devant nos yeux.

Ma réalité n’était pas le rêve que Sébastien me faisait vivre car au final après m’avoir trompé, il a ressayé plusieurs fois malgré le fait de m’avoir fait croire qu’il voulait sauver notre famille pour finir par me quitter lâchement à la première erreur que j’ai osé commettre pour enfin me sentir réellement vivre!

Le problème avec le réveil de ce genre de rêve c’est qu’après tout ce que l’on vit nous semble fade ou pire encore: dangereux!

C’est là que Gregory entre en scène non sans peine pour essayer de me faire vivre le réel.

Cet homme là est aux antipodes de mon idéal, enfin plutôt de ce que je pensais être mon idéal bien sûr.

Il est brun déjà, avec des yeux verts. Il est plus maigre que moi et il parle peu bref je passais du feu à la glace en l’occurrence. La cerise sur le gâteau était nos 11ans de différence qui plus le temps passait plus me faisait réaliser l’angoisse qui grandissait en moi sur son éventuelle disparition prématurée de ma réalité.

Pour autant, à l’inverse de Sébastien il était discret mais observateur, timide mais audacieux, fort mais sensible. Bref, cet homme là ressemblait de plus en plus à celui qui pourrait me voir comme je l’avais toujours voulu mais pour autant je refusais d’y croire. Et oui, quand on a vécu 13ans dans le mensonge plus rien ne nous semble réel ou même concret. Je refusais encore de croire que l’on puisse me regarder, me désirer ou même m’aimer. Sébastien me répétait tellement tous les jours que je n’étais pas câline, pas aimante et encore moins attirante que ces adjectifs ne risquaient plus de faire partie de ma description personnelle.

Gregory m’a appris à les rapprivoiser. Je ne dis pas que j’y crois définitivement mais aujourd’hui grâce à lui je suis capable de les entendre.

Ce qui est drôle c’est vraiment ce sentiment de nouveauté. Je ne supportais pas que l’on me touche et désormais quand ses mains sont loin de moi je me sens mal. Je ne supportais pas d’être collée par l’autre et maintenant je suis en perdition quand nous sommes séparés trop longtemps. Je pensais être incapable d’aimer et d’être aimée et cet homme-là m’a donné le goût de l’amour.

Aujourd’hui, j’aime qu’il me regarde dans toutes les situations, j’aime aussi le regarder dans toutes les situations. J’aime qu’il m’observe en enregistrant des données sur moi pour pouvoir s’en servir afin de me surprendre et me plaire. J’aime le gâter, le pourrir et le remercier tous les jours d’être là pour moi. J’aime sa façon de travailler et d’avancer dans la vie. J’aime son calme et son pragmatisme. J’aime son besoin de me faire plaisir et son souci de me plaire.

Cependant, ce n’est pas sans peur ou sans reproche!

Je venais de me faire quitter lamentablement par un homme qui se voulait juste et droit, irréprochable et au dessus de tout soupçon alors qu’il se révéla menteur, manipulateur et infidèle.

Et je venais de rencontrer un homme que je savais infidèle tout au long de sa vie, se croyant malade d’ailleurs à ce sujet et pour autant il ne me cacha rien de son passé, jusqu’aux détails les plus sordides comme une confidence.

Je dis souvent que la vie n’est qu’une succession de prises de risques et que tant que le bénéfice d’une situation ne rattrape pas le risque encouru elle vaut le coup d’être vécue.

Gregory c’est mon plus gros risque dans ma vie de femme car je dois accepter de repasser par l’horreur, le mensonge et la tromperie. Pour autant, je ne sais pas pourquoi je ne l’envisage pas.

Sans doute parce que rien ne nous oblige à être ensemble, rien ne nous lie vraiment sauf l’envie.

Alors rêve ou réalité???

Le mot de trop…

« Ta gueule, sale pute! ».

13 ans…Jamais un mot gras, jamais un mot vulgaire, jamais un mot non mesuré, jamais un mot qui salit tout…quand ce fut le mot de trop. Jamais de dépassement, même dans la colère, et le voilà qui lâche tout! On a atteint le point de non retour et même les excuses et les « je ne le pensais pas »ne suffisent pas à faire oublier le son qui a résonné quand cette phrase a claqué dans mon oreille comme un coup de fouet.

Bien sûr, il y a déjà eu des mots vilains, des mots menaçants, des mots tordus, des mots compliqués et même des mots tristes et décevants mais jamais jusque là il n’avait prononcé le mot de trop.

Mais alors comment analyser ce mot de trop? Doit-on rester figé dessus? Quels enseignements tirer de ce mot-là? Doit-on surenchérir sur ce mot de trop? Doit-on l’ignorer quand l’autre lui donne naissance dans la colère et la haine?

Sur le coup la seule réponse que j’ai su donner c’est une gifle sur sa nuque!Je pense qu’il n’a rien compris à ce qu’il venait de se passer tout comme moi je ne réalisais pas encore que cette histoire était plus que largement finie…

Il est assez déroutant de constater jusqu’où notre soit disant seuil de tolérance peut être repoussé. Jamais je n’aurai cru que je pouvais accepter d’être trompée, jamais je n’aurai cru que je pouvais être rabaissée au point de me sentir déshumanisée, jamais je n’aurai pensé pouvoir me faire autant manipuler, me faire autant trahir et me sentir capable de l’être encore et toujours!Le deuil de ma famille idéale n’est pas prêt de se faire et mon désamour pour ce bourreau qui m’a servi de mari jusque là sera long et difficile.

Aujourd’hui, je suis prête à témoigner et à dévoiler au monde ce qui peut se passer derrière les belles portes closes des jolies maisons neuves. Je suis prête à renoncer à la belle image que j’ai toujours protégé. Je veux que le monde sache que derrière chaque gendre idéal il peut se cacher un gros pervers narcissique qui manipule et qui torture votre fille. Je veux que nous les femmes oubliées et écrasées, par le charisme de l’homme que l’on a porté ou façonné, nous puissions nous révéler et nous prouver que nous pouvons exister sans eux et non à travers eux.

Après le mot de trop, quel sera le nouveau bon premier mot??

#premierjourdurestedemavie